La nuit du 8 août 2011 = « we’re fucking law, we’re fucking autority! » part3

Petit détour par la France

J’ai lu, sur différents sites Français, beaucoup, mais alors beaucoup d’abjections concernant ces dernières émeutes, – qui d’après une minorité, ou une majorité de Français, ( je suis tentée de dire une majorité ) étaient des « émeutes raciales » ! et que, indéniablement les teens Musulmans en étaient les initiateurs. Pardonnez moi, mais ce genre de raisonnement se limite à transmettre de fausses informations dictées par l’extrême droite, s’entêtant à vouloir convaincre la population que  tous les Musulmans sont « la cause » des maux sociaux des pays où ils se sont installés. Fut une époque où cette terrible responsabilité incombait aux Juifs et l’histoire ne semble pas servir de leçon ! Cette approche est d’autant plus dangereuse, que bon nombre de personnes relayant l’idéologie d’extrême droite, le font à travers de médiocres arguments, sans avoir compris le sens profond des discours des leaders de ce parti. Je n’irai pas jusqu’à dire que tous ces relais humains sont de pures racistes ; je pencherai plutôt vers le fait qu’ils ont une peur bleue de l’étranger, dont ils ne savent rien mais s’imaginent tout connaître. Ils ne voient guère plus loin que le petit bout de leur nez, et étant plus facile de justifier un échec personnel en remettant  la faute sur autrui, notamment sur l’étranger, venant piquer le travail des Français ou piller les caisses de la CAF, ils entretiennent et colportent des rumeurs leur permettant de tisser des liens sociaux avec le voisinage ou leurs collègues de travail. Ainsi, leur existence les renvoie à une image d’honnête citoyen. Le vrai raciste, c’est autre chose, mais je n’ai pas envie d’en débattre aujourd’hui.
Alors, ces bons citoyens Français, relatent et commentent les dernières émeutes sur le territoire Anglais, comme si elles étaient « leurs », sans le moindre discernement. Les plus cultivés d’entre eux se référent à des analyses historico-politiques réalisées par de fidèles fervents des partis manipulant la peur et la méconnaissance du peuple. Mais tous, quelque soit leur milieu socioculturel, témoignent une aversion envers ceux qui ne partagent pas ce courant de pensée. Toujours est il, que ces mêmes bons citoyens sympathisants de l’idéologie radicale, mais dont quelques uns se prétendent modérés, – comme si se dire modéré pouvait soulager leur conscience – ont virtuellement érigé un « tribunal civil ». Bien bien ! mais sur quoi se basent ils pour porter un jugement ces bien-pensants ? Malheureusement, pour beaucoup d’entre eux, l’Angleterre s’arrête à Londres, dont ils ne connaissent que les quartiers touristiques pour y avoir séjourné un week-end. Cependant, ils se font fort de calomnier la mixité ethnique, cette « maladie honteuse », sans y avoir eux mêmes goûté. C’est avec cette arrogance bien connue et se voulant en possession d’une maîtrise irréfutable que durant de longues heures nos fidèles citoyens conversent sur le sujet ; et ce, comme si ces émeutes et pillages venaient de se produire en France et qu’ils en étaient les victimes directes. Okay ! « l’identification » est humaine et est la manifestation de nos angoisses.
Mais n’est il pas affligeant de constater que jamais ces personnes ne remettent leur perception des faits en cause et restent dans l’incapacité de faire la distinction mais aussi d’accepter que les mentalités anglo-saxones et latines différent ? Les Anglais ne pensent pas « à la Française ». Ils, parti conservateur compris, n’ont jamais interprété ces émeutes comme raciales mais, ont pris conscience qu’il y a une défaillance dans le système. Malgré tout, les différentes communautés se sont unies afin de former des réseaux d’entraide et de soutien aux victimes, lesquelles manifestent leur colère et leur peine avec dignité et humilité, alors que certains ont perdu un membre de leur famille.
Les « looters », sur lesquels je reviendrai dans mon prochain article, purgent leur peine pour ceux qui se sont fait pincer ; concernant les autres ce n’est qu’une question de temps. Personne n’oubliera…
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La nuit du 8 août 2011 = « we’re fucking law, we’re fucking autority! » part2

Habités par le diable ! habités par la haine, de pulsions destructrices, de satisfaction immédiate, voulant nous conduire dans leur monde anarchique où cependant règnent les lois de la rue, régies par les gangs.
Quelles étaient leurs motivations ? Diverses, incohérentes, floues, sans aucun sens. Aucune conviction ne semblait guider leurs actes. J’ai pensé, qu’il serait aisé pour moi, sorte de bombe à retardement, de m’immerger mentalement dans la  peau d’un « looter » ; mais l’exercice ne fût pas aussi simple que je le pensais. Il me fallait me dessaisir temporairement, de mon sens moral, qui venait sans répit contrarier le moindre fantasme d’acte criminel que je pourrais commettre,  – mettre ma bonne conscience « on standby ».
Je me suis donc vue, moi Vero, avec une bande de teens tous plus surexcités les uns que les autres à l’idée de pouvoir se servir sans passer par la caisse, et remporter chez soi toutes sortes d’objets de consommation. Je me suis vue aidée de mes pairs, me déchaînant sur des vitrines, à coups de pieds, de pierres, de battes de cricket puis, entrer dans les magasins sans éprouver le moindre sentiment de peur, n’entendant plus les alarmes assourdissantes se déclenchant sur notre passage, mettant à sac tous les rayons avant de ressortir les bras encombrés par nos trophées, bousculant furieusement les témoins éberlués par les scènes de violence que nous leurs offrions. Des gosses de 10-11 ans nous suivait et nous mimaient tout en projetant des torches d’essences dans les boutiques, la rue, les poubelles, les voitures, sur tout ce qui pouvait cramer. Cela faisait diversion et nous permettait de nous enfuir pour renouveler plus loin nos actes de surpuissance. Entre temps, nous partions refourguer notre butin à ceux restés en retrait puis s’enfuyaient planquer la manne d’or, tout en slalomant entre les hasardeux passants, jouant au chat et à la souris avec les cops, insultant la terre entière tout en riant diaboliquement. Nous semions la terreur et cela nous enivrait, quelques gorgées d’alcool provenant d’une boutique de spiritueux, une ligne de coke. Nous foncions sur les cops, qui ne pouvaient rien contre nous, sur nos victimes effrayées s’efforçant de protéger leur bien. Nous étions invincibles, maîtres de quartiers enflammés. Le phénomène de groupe nous entrainait, nous étions à la  fois leaders et suiveurs. Nous étions nombreux, nous étions la Force. Je ne ressentais plus rien si ce n’est un sentiment de toute puissance. Mes actes n’étaient nullement réfléchis. Bien qu’ ayant mis au point quelques stratégies de pillage, de repli et autres, nous les accomplissions de « façon animal » ; nous n’étions qu’une horde de « pulsions sur jambes ». Je m’entendais crier « I’m fucking law, I’m fucking autority I’m fucking you! ». Nous chantions, nous riions et plus nous prenions conscience de la terreur que nous provoquions, nos rires et nos actes devenaient de plus en plus pervers, malicieux. Oh pas cette malice d’enfant, de laquelle on peut rire.
« Fuck autority, fuck cops, fuck you, – fuck our frutrations! » Nous avons défié la loi, les cops, le pays entier en pillant, saccageant, blessant sans états d’âme. Nous avons mené « notre guerre », mais nous aurions pu faire pire! où mieux beaucoup mieux. Puis nous sommes rentrés chez nous, le coeur rempli de bonheur devant un laptop piqué à PCWorld. Nous nous sommes parfois frittés sur le partage du butin, certains ont repris de la coke, d’autres se sont lamentablement écroulés jusque tard le lendemain, près à repartir au front le soir venu. Mais tous, nous sommes indignés en regardant la BBC retransmettre les images de la nuit, ou ces « bastards » nous traitaient de criminels. Je ne sais pas comment nous arrivions à nous reconnaître sur ces images, planqués sous nos doudounes, capuches remontées, la moitie du visage cachée sous un foulard ou col cheminée. Il est arrivé que des portes d’appartements soient enfoncées par les cops venant cueillir les rioters sagement endormis, trahis par les CCTVs ou leur numéro de black Berry. Quelques uns s’étaient empressé de vanter, via Twitter ou Facebook, auprès des lâches restés chez eux, leurs performances de la nuit passée ; propos lus et enregistrés par les cops, ces sales espions qui connaissaient un petit nombre d’entre nous, ou après avoir été dénoncés par des envieux sans couille.
Comme tous, je suis rentrée chez moi, me suis endormie après avoir fumé un bon pétard de weed, tout en reluquant le trésor acquis grâce à mon courage ; Ma Propriété. Je ne sais plus comment était mon sommeil mais je me suis réveillée la gueule en vrac. Retrouvant lentement un peu de lucidité, contemplant à nouveau le gain de ma nuit, je me suis sentie frustrée. J’avais pillé, volé, laissé libre cours à toute l’expression de cette putain de colère qui m’habite, mais je n’étais pas revenue avec les objets de mes rêves : les derniers appareils photos Canon et Nikon ainsi que toute leur gamme de d’objectifs. Je m’étais pourtant bien juré de profiter de l’occasion pour acquérir ces appareils à plus de 15oo pounds chacun. Fuck!
Soft résumé de mes fantasmes d’éventuel looter ( bien loin de l’horreur de la réalité ). Ne me demandez pas pour pourquoi j’ai participé ; je n’en sais rien. J’ai laissé parler ma colère, celle qui au quotidien me parasite, me détruit. Colère contre qui, contre quoi ? Contre tout.
* Rioter : émeutier
* Looter : pilleur
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La nuit du 8 août 2011 = « we’re fucking law, we’re fucking autority! » part1

Emeutes, pillages allant jusqu’au meurtre, ont bouleversé l’Angleterre et engendré des analyses dans la presse internationale et débats passionnels parfois complètement déraisonnés sur divers blogs et réseaux sociaux.
Les émeutes ont débuté à Totteham, après que Mark Duggan, 29 ans, ait été abattu par des officiers de police. Sans motif apparent, elles se sont propagées les nuits suivantes dans différents quartiers de Londres et ce malgré l’appel au calme de la famille de Mark Dugan. Peut on parler de cause à effet dans ce cas précis ? Difficile à dire. Je n’ai pas le sentiment qu’il y ait un lien  entre la mort de M. Duggan et les pillages dans une cinquantaines de quartiers Londoniens ainsi que dans les villes de Manchester, Birmingham, Liverpool…. J’ai plutôt le sentiment que l’émeute de Totteham a été « l’ occasion » pour une partie de la jeunesse Anglaise, mais aussi des moins jeunes de plonger quelques quartiers dans le chaos, donnant libre cours à leurs pulsions destructrices et criminelles.
Lundi 8 au soir, se sont les sirènes de police, pompiers, ambulances et vols d’hélicoptères inhabituels qui m’ont interpellée. En me connectant sur le site de la BBC qui retransmettait les évènements en direct j’ai vu qu’un bâtiment de Croydon était en flammes et durant la nuit le feu s’est propagé sur le pâté de d’immeubles. Au même moment une horde de jeunes cagoulés se déplaçait dans Clapham Junction armés de battes de cricket et des bombes d’essence, saccageant tout sur leur passage. Balham, Brixton, Colliers Wood, plus les quartiers touchés la nuit précédente qui étaient encore en ébullition. Mais je crois que cette nuit du 8 août aura été la pire. A Tooting nous avons eu quelques dégâts, mais cela restait moindre, comparé a d’autres lieux. Je ne vais pas refaire l’historique de ces pillages, il vous suffit de lire la presse.
J’ai passé une partie de la nuit complètement abasourdie, sur le site de BBC à regarder cet explosion de violence, le chaos contre lequel notre police était impuissante, me disant que cela semblait sortir d’un montage de film américain ; mais non c’était bien réel. J’ai fait remarquer à mon mari, que les pillages débutaient dans les secteurs où les gangs étaient implantés, – mais je reviendrai sur ce point dans la mon prochain article. J’ai essayé de contacter certains teens que je connaissais et susceptibles de se trouver dans ce genre de situation. J’ai été rassurée d’en voir connectés sur Facebook et qu’ils me disent ce qu’ils ressentaient ; mais d’autres ne m’ont répondu que le lendemain, me jurant qu’ils étaient restés bien sagement à la maison. Foutaise, ils ont fait partie des « rioters ».
Bien à l’abri chez moi, je ne risquais rien mais j’étais comme tout le monde sous le choc de ses images montrant en majorité des enfants, des teens de l’âge de mon fils, mais aussi des adultes, se comporter comme une horde de chiens sauvages, faisant régner la terreur, tout en chantant, riant, complètement excités à l’idée de dévaliser JD Sport et de se procurer, par le vol, donc en défiant la loi, des fringues Nike, de repartir de PCWorld avec un ordi ou une télé sous le bras, de piquer des bijoux ou tout autre objet de valeur, n’ayant aucunement peur de « taper sur la gueule » de qui se mettrait en travers de leur route, jusqu’à tuer pour certains. Des enfants, des teens, et de jeunes adultes qui n’avaient plus aucun brin d’humanité, dont pas mal devaient être sous l’effet de l’alcool de la fumette, une de leurs activités favorites et pratiquée à outrance, – et ce de plus en plus jeune -, de la coke pour les plus âgés. Je serais croyante, je vous dirais qu’ils étaient habités par le diable.
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Mots de parents, Maux d’ados…, Maux d’adultes – part 2

Nous, qui sommes adultes et parents, devons faire attention aux mots que nous employons, à nos attitudes, notre regard porté sur nos enfants. Inconsciemment, nous entretenons nous-mêmes la rébellion qui est propre à l’adolescence. Nous devons avoir de vraies valeurs de vie et donner l’exemple mais, nous devons aussi abandonner nos principes à la con, nous adapter à la personnalité de chacun afin de faciliter la transmission de ces vraies valeurs. Nos gosses nous observent, nous pénètrent, cherchent en nous ce qu’ils peuvent y puiser, nous calquent, et si ils ne nous trouvent pas, ils « nous inventent ». Rien ne leur échappent de nos joies à nos états d’âme, de notre droiture à nos crises d’autorité exagérée, notre amour pour l’un, parfois « désamour » pour l’autre. Chaque enfant est différent. Nous voulons le meilleur pour eux ; alors apprenons à leur donner le meilleur de nous-même. Nous voulons qu’ils nous respectent, nous devons commencer par les respecter, accepter qu’ils aient leur propre personnalité, qu’elle nous convienne ou non. Mais il nous arrivent aussi d’être parasités par l’éducation que nous avons reçue, et bien que nous ne le voulions pas, à des périodes marquées, nous reproduisons ce contre quoi nous nous sommes trop longtemps battus. Notre refus de nous remettre en question, notre inaptitude à une autorité naturelle et non exagérée, signifient que nous leur manquons de respect et sommes nous-même les initiateurs de rapports de force.
Respecter un enfant, un ado, peu importe son âge fait partie de la base de l’éducation. Le respecter, c’est savoir l’écouter, entendre ce qu’il nous dit, le comprendre, dialoguer. Le respecter c’est accepter qu’il aille vers et apprennent d’autres personnes, distinctes de nous, parents. Qu’il puisse avoir besoin de solitude, pour nourrir ses rêves, protéger son jardin secret, – sans le laisser complètement s’y enfermer. Le respecter, c’est aussi lui poser des limites, le soutenir et l’aider à prendre ses responsabilités, le diriger en douceur vers l’autonomie. Le respecter c’est admettre qu’il puisse s’égarer à un moment de sa vie sans pour autant lui fermer « the home sweet home », et savoir l’accueillir le jour où il reviendra. Le respecter c’est accepter qu’un jour il vivra sa propre vie, loin de nous. Respecter un enfant, son enfant, celui que l’on élève c’est l’aimer, – tel qu’il est.
Il y a des parents peu aimants voire pas du tout, qui maltraitent leurs enfants en étant conscients de leurs actes et certains en tirent de la jouissance ; cela existe. Il y a des parents indifférents, qui ne se préoccupent pas de comment leurs enfants grandissent et en cas de divorce par exemple, ne se sentent concernés par leur progéniture, ne vivant pas sous leur toit, juste lorsqu’ils  les prennent en vacances. En majorité, il me semble que nous aimons nos enfants et que ce que j’ai écrit ci-dessus coule de source. Cela ne nous empêche cependant pas de commettre de erreurs et d’infliger à ceux qui restent le plus précieux dans notre vie, une forme de maltraitance. Blesser psychiquement un enfant, un ado, bien que nous n’en ayons pas l’intention, est un des aspects de la maltraitance, surtout si l’on refuse de reconnaître les faits et encore plus grave, si l’on réitère.
Eduquer, n’est pas une simple affaire de bonnes manières et de principes. Aucun de nos actes, de nos dits et non-dits n’est anodin. Dans le but de bien faire, il nous arrive de mal faire et par conséquent, de faire mal.
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Mots de parents, Maux d’ados…, Maux d’adultes – part 1

Autorité, pouvoir, domination, obéissance et soumission…

Voici des mots bien rebutants pour les ados. Et pourtant ils savent eux-mêmes faire preuve d’autorité et de pouvoir cherchant dans certaines situations à amener leurs pairs mais aussi les adultes à se soumettre à leurs exigences. Les enfants et ados peuvent se comporter en « véritable tyran », où juste en véritable emmerdeur – ce qui est déjà beaucoup – et dès lors, le où les parents peuvent perdre pieds. Je reste cependant convaincue que nous, « parents » avons une grande part de responsabilité en refusant de reconnaître nos erreurs et de ce fait, ouvrons une porte à nos enfants, d’accès aux subterfuges dont ils sauront user pour obtenir ce qu’ils veulent. Une fois le cap franchi, il sera bien compliqué pour l’adulte de retrouver sa place et, si l’on ne se demande pas « pourquoi et comment » nous avons ouvert cette « porte », il sera extrêmement laborieux de stabiliser la situation qui dans la majeure partie des cas, dégénérera. C’est un résumé bien sommaire que je fais là mais comme je l’ai déjà dit et redit, je ne suis pas psy. Je cherche juste à comprendre.
Je vais essayer de déchiffrer, avant tout en tant que, « ex ado devenue mère », le sens et la perception que je donne ou, que nous donnons, à ces mots et comment nous en faisons usage. Je ne peux parler au nom de « tous les parents », n’ayant pas la prétention de les représenter et me baserai sur ma propre expérience bien que je ne sois pas la seule dans ce cas de figure.
Il me semble être en plein amalgame de définitions ayant modifié le sens des mots, suite à une « symbolique » que je leurs ai attribués plus où moins consciemment, en fonction de ma propre perception des demandes et attentes de mes parents et professeurs, mais plus particulièrement de ma mère. Je me suis, tout comme beaucoup d’autres ados, enfermée dans un univers de doutes. Puis en devenant la « mère de mon ado » doutes et contradictions se sont intensifiés, fragilisant ma position de mère face à mon fils. Etant en conflit avec mes points de repères éducatifs, je lui ai donné des consignes, des arguments contradictoires ce qui a probablement engendré le désordre dans  son esprit.
Combien de fois ai-je entendu mon fils proférer : « I fuck authority. » Et lorsque que je lui demandais ce que représente l’autorité pour lui, il était en pleine confusion, ne connaissant pas vraiment la définition ou la refusant, mais le sens donné au mot autorité était avant tout la domination, – un des points communs avec d’autres ados. Je me suis donc demandé quelle était ma propre définition de l’autorité : être capable de poser des limites, éviter des débordements, maintenir le respect de chacun, savoir dire non etc… Des idées qui semblent à la fois simples et concrètes – en théorie. Oui mais…, – comme dirait ma mère -,  la définition dans le dictionnaire est : commander, imposer sa volonté…. C’est simple, clair et précis. Seulement ça ne l’est pas dans mon esprit. Ma symbolique de « commander, imposer sa volonté » me renvoie en première instance à la soumission, puis à l’abandon du droit de penser par soi-même. Et là, je prends conscience que je ne sais pas comment asseoir mon autorité. Que peut être, elle n’a aucun pouvoir sur un ado puisque que je suis moi même en pleine confusion.
Ma mère est une femme très autoritaire, bien que charmante et profondément humaine. Mais j’ai beaucoup souffert de son autorité et il a y des mots que j’ai quasiment banni de mon vocabulaire parce qu’ils restent courant dans le sien, que la symbolique que je leur attribue est toujours liée, d’un côté à la soumission donc de l’autre à la domination. Je ne rends pas ma mère coupable de cela, mais je crois que ses responsabilités de chef d’entreprise, de vouloir le meilleur pour ses filles, – en fonction de ses propres rêves – font que j’ai perçu sa façon d’imposer son autorité comme un abus de pouvoir souligné d’actes intrusifs. Aujourd’hui j’ai envie de dire, qu’elle ne s’est pas employée à m’éduquer mais, a essayé de me « dresser ». Je ne pense pas que ma soeur, âgée de presque huit ans de plus que moi, ait ressenti l’autorité de notre ma mère de la même façon que moi. D’ailleurs, je ne pense pas que notre mère se soit comportée avec ma soeur comme elle l’a fait avec moi. Je crois que ma soeur a vécu l’autorité « parentale » contre laquelle elle s’est parfois rebellée, dans la moindre mesure, comme quelque chose de normal et logique, même si elle a dû aussi en souffrir. Finalement, je ne sais rien de l’enfance de ma soeur, parce que jamais nous n’abordons ce sujet… Toujours est il que j’ai en ma possession une belle collection de mots et d’expressions bannis. La plus part du temps, je n’y pense pas à ces fameux mots mais dès que je les entends, je me sens agressée. Je n’en mentionnerai que deux, « obéir » ; même si mon bon sens sait que obéir à un ordre légitime est indispensable, qu’un enfant ou ado doit faire ce qu’on lui demande de faire, donc obéir, ce verbe m’ulcére. Puis « mentir ». Quoi de plus injuste d’être qualifiée de menteuse lorsque l’on dit la vérité ! Quoi de plus terrible que d’en arriver à mentir afin de se préserver des comportements intrusifs des adultes.
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Maux d’ados…

Il y a, fort heureusement, des enfants et ados qui vont bien, grandissant au coeur d’une famille équilibrée. Cela n’évite en rien la crise d’adolescence, la confrontation entre les générations, les rappels de bonne conduite mais finalement rien de bien grave et puis cela fait partie du développement de l’individu.
Mais il y aussi ces enfants qui grandissent sur un malentendu, un choc émotionnel, quelque chose qu’ils ont mal vécu, dont ils n’arrivent pas à parler et ce, dans tous les milieux sociaux. Quelque chose de parfois anodin pour les adultes, mais pas pour eux ; cela peut les désorienter et faire d’eux des gosses réellement mal dans leur peau, les amenant à adopter des comportements perturbés. Ils ne sont ni des cas sociaux ni porteur d’une pathologie mais leur souffrance non entendues par les adultes, ce bagage bien trop lourd, et de plus en plus lourd au fil du temps les handicape. Si les ados ont une forte prédisposition à aussi emmerder le monde – c’est un fait -, les adultes quant à eux, ont une forte prédisposition à les blâmer au lieu d’essayer de lire les signes révélateurs de « maux ».
L’adolescence est une période critique ; ça passe où ça casse. Même si l’ado a une forte personnalité, son psychique n’est pas encore construit ce qui induit une certaine vulnérabilité. Il est souvent hypersensible et refuse de dévoiler ses émotions de peur d’être considéré comme un faible puis rejeté par ses pairs. Le monde des adultes lui porte des regards souvent perçus comme intrusif, suspect, déçu, méprisant, indifférent, – ressenti qui n’est pas toujours complètement faux. Ils se sentent souvent agressés par nos comportements d’adulte et nous répondent par de l’agressivité, du mépris… Lorsqu’un ado perd confiance et bien que  nos intentions d’adulte soient bonnes, mais nous y prenant mal pour les faire entendre, elles seront mal interprétées. Ce qui ouvre la porte à des conflits sans fin si nous, adultes, sommes dans l’incapacité de remettre en question notre méthode qui n’est peut être pas appropriée à la situation, ne colle pas avec la personnalité de l’ado concerné ; que tout simplement on est en train de se planter et que ça risque de détériorer nos rapports adultes/ados déjà si fragiles. Ce que je décris ici peut se produire avec les parents, mais aussi avec des profs, n’importe quel adulte à la différence que l’engagement affectif n’est pas le même.
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A vos préservatifs Citoyens !

Bon ! quelqu’un m’a fait remarquer qu’il « ne fallait pas laisser » nos enfants avoir leur premier rapport sexuel à 15 ans. Certes, je trouve aussi que c’est un peu jeune, mais quand les hormones commencent à titiller, ça titille sec ! et nos chérubins fraîchement tombés de leur nid, ne vont pas nous passer un coup de fil pour nous demander la permission de passer à l’acte.
Lorsque mon fils, bien petit à cette époque, m’a demandé comment  « on devenait bébé » ,  je ne suis pas allée lui raconter qu’il était né dans un chou et moi sa mère, vu que je suis une fille, dans une rose. Un souvenir me revient ; Eliott n’avait pas vraiment envie d’apprendre à lire, de peur que je n’arrête mon rôle de lectrice du soir. Dans le but de le motiver vers l’apprentissage de la lecture, ma soeur lui avait offert un livre très sympa, « Mademoiselle Zazie a t’elle un zizi ? ». Et ça, je peux vous dire que ça le motivait ! – mais juste pour cette histoire. – « Ah ! zizi pipi. Moi aussi j’ai un zizi mais pas toi maman, pfff… ».  « Ben non je n’ai pas de zizi puisque je suis une FILLE ! » Et s’étranglant de rire il me répétait : « oui, mais t’as pas se zizi ». – Et elle a quoi Mademoiselle Zazie hein ?  « Une ZEZETTE, pffff ». – « Bon alors maman a aussi une zezette, parce que toutes les filles ont une zézette et tous les garçons ont un zizi, na c’est comme ça, point barre ! »
Elle nous a bien aidés, cette demoiselle Zazie ! Eliott savait depuis un bon moment qu’il n’avait pas été fabriqué dans un chou, mais dans le ventre de maman ; et là il prenait conscience qu’il en était sorti par une zézette et non par un zizi. Alors là ! zezette et zizi ne servent pas qu’à faire pipi  !
Bref, tout cela pour dire que le sujet du préservatif n’a jamais été tabou, sans pour autant rentrer dans des détails sur la sexualité. Nous en avons parlé, le plus simplement du monde et j’ai essayé de répondre au mieux aux questions que mon fils me posait.
Il m’en a montré des préservatifs, qui servaient de ballons…, de bombes à eau.  Il a essayé de les  dealer dans la cour du collège vers la fin de sa première année. En Angleterre, les préservatifs étant à la disposition des ados et ce gratuitement, le petit commerce de mon fils n’a pas remporté un franc succès. Parfois un échange de dépannage contre des bonbons. En tout cas il s’est familiarisé avec la chose !
Eliott aura 17 ans fin novembre, je sais qu’il a une vie sexuelle ; je ne veux pas en savoir plus. Le fait qu’il utilise des préservatifs me rassure. Dès qu’il a été en âge d’entendre et de comprendre,  je me suis lancée sur le sujet des risques de la sexualité. Non pas seulement parce que je me trouve bien trop jeune pour être grand-mère, mais parce que le risque de contracter une MST et bien trop grand. Il y en a que l’on peut soigner mais pas le SIDA. Le SIDA on en meurt.
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