Préjugé quand tu nous tiens

Il y a des jours où j’ai envie de hurler. Hurler contre ces préjugés que les gens peuvent avoir, notamment envers les ados. Contre la facilité de classifier ces gosses, sans même les connaître, tout comme sont créés des ghettos pour les immigrés. Oui, il m’est aussi arrivée d’avoir, par stupidité, l’esprit rétréci et la langue fourchue. Mais la vie, mon rôle de mère, les gosses eux mêmes, m’ont appris à porter un autre regard sur les personnes. Je ne dis pas que certaines fois je n’en claquerais pas, un où deux au passage – ados comme adultes -, mais je m’abstiens.
Comment lutter contre les préjugés sans soi-même tomber dans le piège ? Si nous ne pouvons parvenir à un sans faute sur ce sujet, nous pouvons peut être minimiser la casse. J’ai entendu et lu bon nombre d’absurdités, d’affirmations non fondées, et de longs discours de ceux qui jouent aux apprentis psychologues sans même disposer de tous les éléments, pour pouvoir émettre un jugement définitif. Soyons bien d’accord, je ne dis pas qu’il ne faut pas émettre une « opinion », mais surtout pas de « jugement ». Non ! un ado en crise ne tombera  pas obligatoirement dans la délinquance, mais à force d’être montré du doigt sans  reconnaître en lui la moindre qualité, il risquera de développer un comportement de plus en plus anti-social et franchira peut être la barrière.
J’ai cependant entendu des « vérités » de la bouche d’éducateurs, qui au bout de quinze ans de travail acharné, d’engagement pour aider ces jeunes en grande difficulté, – ceux qui ont franchi la barrière, – ont perdu toute forme de motivation et plus grave, ont sombré dans la dépression. Après de longs mois de reconstruction avec le support d’un psy, certains d’entre eux se sont reconverti professionnellement. Les éducateurs savent mieux que quiconque que la moindre faille psychologique aura des répercussions sur leurs enfants et  leur famille. Entre « sauver des jeunes » et se mettre en danger soi-même, ou sauver sa peau, le choix est simple.
Je serais tentée de dire que si le rôle des parents et le travail des éducateurs sont si compliqués, ce n’est pas seulement de la faute des ados. Attention, je n’excuse en rien les comportements anti-sociaux et suis même la première à dire, qu’il doit y avoir des sanctions appropriées à la hauteur des délits. Mais il me semble que la société, dans laquelle chacun d’entre nous joue un rôle, a une grosse part de responsabilité. Nous avons donc individuellement, nous les adultes, la notre.
Les ados en difficulté ne sont pas tous irrécupérables. Leurs parents ne sont pas tous de « mauvais  ou irresponsables parents ». D’ailleurs cette dernière réflexion, soulève en moi un sentiment ambigu dont je m’expliquerai dans un prochain article. En conclusion de celui ci, ne tombons pas dans le piège des préjugés et jugements erronés.

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