Sans titre…

Oui ! je pense sincèrement que tout ce que je vis avec Eliott m’a motivée pour soutenir les gosses en difficulté, bien qu’ils ne m’aient jamais laissée indifférente. Soutenir ces enfants, c’est les écouter mais aussi les amener à prendre conscience de ce que ressentent leurs parents et les aider à renouer le dialogue. C’est un long travail dans lequel je n’ai qu’un tout petit rôle. Comme je l’ai déjà formulé dans d’autres articles, contribuer à soutenir ces gosses, me permet aussi de mieux comprendre mon fils, ainsi que mes propres erreurs.
Je m’adresse aux mères qui comme moi, sont confrontées à des difficultés leur semblant insurmontables ; se sentent complètement perdues et sombrent dans la solitude. Je sais que mon histoire est de la gnognotte par rapport à d’autres, mais je sais aussi que si je n’avais rien fait, mon fils ne serait probablement plus là aujourd’hui ; parce que quelque chose de beaucoup plus grave serait arrivé. J’ai durant des mois, eu cette intuition contre laquelle je luttais, pensant que c’était un « mauvais fantasme », que je n’arrivais pas à dominer. Mais le jour où un policeman m’a dit qu’il fallait que j’éloigne Eliott de Londres pendant quelques mois, j’ai compris que ce que je ressentais risquait de se produire. Ces professeurs pensaient aussi qu’un retour – provisoire -, en France était la meilleure issue. D’ailleurs, je les remercie pour leur soutien et le respect qu’ils m’ont témoigné. Eliott est retourné en France, contre son gré, contre le mien, mais je n’avais pas d’autre choix. Non seulement il était en danger, mais moi aussi ; je perdais pieds. Je me battais pour lui, uniquement pour lui tout en me laissant mourir. Depuis plusieurs mois, mon mari & moi avions décidé de divorcer mais à ce moment là, ça n’avait plus aucune importance. Mon mari n’existait plus.
Comme d’autres mamans, je suis tombée bas. J’ai essayé les anti-dépresseurs, – cela m’a soulagée pendant quelques temps. Puis, je n’avais plus d’envie  ; tout ce que je mettais en place s’écroulait.  Je suis devenue spectatrice de ma vie, faisant bonne figure devant les gens, continuant de me battre pour mes convictions, sans plus aucune conviction. Quel paradoxe !  je n’avais plus la force de continuer.
Je ne pouvais plus aider mon fils, qui me rejetait avec une telle violence… Mon mari, était devenu mon ennemi n° 1 ; entre Eliott et lui il n’y avait plus que haine, agressivité, violence. Oui, la violence faisait partie de notre vie. Envahie d’idées suicidaires, je me voyais couler, lançant de maladroits appels au secours auxquels je n’ai eu en réponse que mépris, indifférence et, – jugements ; tout comme les autres mères vivant ce genre de situation. Et pourtant, dans de tels moments nous avons besoin des autres. Nous ne demandons pas qu’ils nous portent à bout de bras ou fassent le travail à notre place, mais  le simple petit fait qu’ils demandent : « comment va ton fils ? » Comme j’aurais aimé que l’on me pose cette question, rien que cela…  Heureusement, les filles vous êtes là ! Merci à mes deux vraies amies, Astrid et Pascale, à Isa qui toutes trois, bien qu’habitant en France  et ayant elles aussi leurs problèmes, ne m’ont jamais laissée tomber. Merci les filles. 🙂 Et sans oublier les amis de mon fils, Mansoor, Gafir et Jazon… 🙂
Aujourd’hui, l’espoir revient. J’ai compris que mon mari m’aimait sincèrement, et que la violence a  aussi été, en ce qui le concerne, « cette fameuse  mauvaise réponse à une mauvaise question ». Je sais qu’il va falloir du temps pour que chacun retrouve sa place. Je sais que nous allons encore rencontrer des obstacles. Mais, il y des projets qui se dessinent, et je veux  y croire. C’est pour cela que j’ai envie de vous dire à vous, les autres mamans, ne baissez jamais les bras. Je sais à quel point c’est dur. Continuez de dire à vos enfants, même et surtout, si ils partent à la dérive, que vous les aimez. Battez vous, n’ayez pas honte de demander de l’aide mais pas à n’importe qui ; n’écoutez pas ceux qui ne feront que vous blâmer, parce que ça vous détruira. Vous rencontrerez toujours quelqu’un qui essaiera de vous prouver qu’il aurait fait mieux que vous.
Si je décide  de livrer, par  bribes, une petite part de notre intimité, ce n’est pas pour que l’on me prenne en « pitié », mais parce qu’il faut que les familles qui vivent des expériences destructives, n’aient plus peur de parler. Que les mères ne restent pas isolées et que, « les autres », ceux qui n’ont pas ce type de problème cessent de nous juger et de juger nos gosses, d’autant que cela est souvent basé sur des critères erronés.
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4 commentaires pour Sans titre…

  1. imoto dit :

    Bravo, quel courage il faut à une mère pour parler comme ça, aussi sincèrement ! je fais circuler ton article. Surtout continue sur ta lancée, et ne te décourage jamais même si tu devais rencontrer des petits « bas » au cours de ta montée vers les sommets ! Je suis contente que ça s’arrange aussi pour et avec ton mari, qui est aussi quelqu’un de bien.
    Et pour Elie, que je ne connais pas, mais qui a toute ma sympathie.
    Faites nous tous les trois un joli happy-end, qui serait un heureux début !

  2. Catherine dit :

    Moi je trouve qu’il faut un sacré cran pour témoigner comme tu le fais, sans langue de bois, de manière simple et directe… Ta sincérité donne beaucoup de force à tes écrits. Bravo pour ce blog Véro. Comme dirait Nietzche « ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort » alors tous mes voeux de réussite pour vos projets 🙂

    • Merci Catherine. Ce que j’espère surtout, c’est qu’à la lecture de ces billets, les gens se penchent un peu plus sur les conséquences de leurs actes. Je n’ai pas à donner de leçon de moral et loin de moi cette idée, mais on pourrait éviter tellement de drames familiaux en étant un petit peu plus attentif…

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