La nuit porte conseil, dit on

La nuit porte conseil… En ce qui me concerne, je ne sais pas. Je me demande si je ne suis pas sur le point de devenir complètement cinglée. En tout cas, je suis borderline. Même le thé sucré au miel, n’a pas le même goût ! Je ne bois pas d’alcool, une bière par mois, je ne prends pas de médicaments, ça me rebute ; juste, je fume, – cigarette sur cigarette – mais comme je ne fume pas dans la maison, ça réduit la quantité. Enfin, vu les produits nocifs mélangés au tabac, je m’empoisonne à petit feu. Contrairement aux ados qui n’ont pas forcément conscience des risques, je les connais et pourtant je n’arrive pas à arrêter. Je suis addict.
Je ne peux pas dormir. Je pense à Eliott, en espérant qu’il aille mieux. Je pense à son meilleur ami ici à Londres, élevé à coups de batte de cricket, pour lequel je ne peux rien faire d’autre que lui ouvrir ma porte, l’écouter, l’engueuler quand il déconne, l’héberger quand il fugue en  faisant savoir à sa mère qu’il est en sécurité. Non, je ne peux rien faire de plus parce que si les services sociaux  s’en mêlaient, ce serait un aller simple pour le Pakistan. Je pense aux décisions que je dois prendre et n’arrive pas à prendre, aux mauvais choix que j’ai fait, lesquels nous ont conduit où nous en sommes  et tous ces projets que je vais devoir oublier. J’ai peur, terriblement peur.
Je veux qu’Eliott remonte la pente, qu’il se ressaisisse. Je ne veux pas qu’il ruine sa vie. Je ne veux pas pour autant lui dicter ce qu’il doit faire mais au moins le dissuader de reproduire des erreurs. Bon sang, j’aime la vie alors comment ai je pu me laisser enterrer vivante ! Si je ne  suis pas capable de me protéger moi-même, je dois être capable de protéger mon fils ; j’ai su le faire durant les onze premières années de sa vie. Je dois maintenant moi aussi me ressaisir et regarder la réalité en face, bien qu’elle m’effraie. Je ne veux pas vivre dans le mensonge, les non-dits et la honte, ni même croire au conte de fée, cela me dévaste. Je ne veux plus, que jamais personne ne lève la main sur mon fils. Je ne veux plus revivre tout ce que nous avons vécu ; la peur, les appels téléphoniques m’informant qu’Eliott était transporté aux urgences ; les gosses qui attendaient  le pronostic et ne voulaient pas me laisser seule, les fugues, les interviews des cops, qui se voulaient rassurant, la loi du silence, – que j’ai en partie brisée et, – tout ce que je n’ai pas dit.
Je pense que beaucoup d’autres vivent des choses encore plus terribles et que ce n’est pas aux urgences qu’ils vont retrouver leur enfant, mais à la morgue.
Alors, ne gâchons pas les années à venir. Même si la vie est dure, il nous reste tellement de belles choses à accomplir.  🙂
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