Dis, tu me files mon argent de poche ? Dis tu me files un coup de main ?

De l’argent, de l’argent et encore plus d’argent.

– Dis tu me donnes mon argent de poche ? Mais il y a moins que le mois précédent ! Tu t’es trompée.
– Non, je ne me suis pas trompée, j’ai déduit le dépassement de ton formait téléphonique.
– Quoi !!! tu as fait ça, mais c’est du vol !
– Ah oui, c’est du vol. Et toi  ? en m’imposant une dépense supplémentaire, ce n’est pas une façon de me soutirer des pépettes ?  Les conditions étaient claires et précises quand nous avons acheté ton portable, non ?
– T’avais qu’à me prendre le forfait à 30 pounds, c’est de ta faute, c’est du vol, tu m’as volé…. et s’en suit d’une tirades de lamentations et d’arguments à la gomme auxquelles, nous ne devrions répondre ; mais ce jour, là est un jour sans et pafff, une nouvelle crise éclate. Une de plus ! Mettons cela sur le compte de l’âge et du conflit de génération et essayons de continuer notre journée le plus sereinement possible. Après tout ce n’est que le deuxième jour des vacances scolaires !
Une heure qu’il fait la gueule dans sa chambre, il doit être calmé. Toctoctoc. Pas de réponse. Re toctoctoc, suivi du plus aimable : – je peux entrer ? Pas de réponse. J’ouvre donc la porte et demande gentiment ; – tu viens m’aider à nettoyer le jardin ? Pas de de réponse de mon ado allongé sur son lit, contemplant le plafond, ses écouteurs d’ipod sur les oreilles. Au bout de quelques secondes, Monsieur daigne retirer un  des  ses écouteur et me dire :
– T’as pas frappé avant d’entrer.
– Si j’ai frappé.
– J’t’ai pas dit d’entrer. Vu le comique de la situation, j’ai envie de rire, mais m’en garde bien.
– Tu viens me donner un petit coup de main à nettoyer le jardin, s’il te plaît, chéri ?
– Sheeeier… ! j’suis fatigué.
– Justement, prendre l’air de te fera du bien, puis on papotera un peu…
– J’suis fatigué, j’ai pas envie.
– Tu n’as pas envie, alors à la place, j’aimerais que tu ailles acheter du lait et peut être… Tu aimerais quoi pour déjeuner à midi ?
– Fais chier, j’suis fatigué. J’irai pas et blablablabla…
– Ok Ok OKAY. N’y va pas, reste dans ta porcherie et ne me demande rien en retour. Puis claquant la porte derrière moi, je le laisse vociférer et suis allée me calmer en allumant une cigarette. Illusion, la cigarette ne  m’a  en rien calmée mais ma petite activité de  jardinage m’a fait un  bien  fou, – je n’ai pas vu le temps passer. Au bout d’un bon moment, j’ai senti une présence non loin de moi et comme une sorte d’orage dans l’air, mais j’ai continué ce que je faisais, sans me préoccuper le moins du monde, de ce qu’il se passait dans  mon dos, pour au final entendre : – on mange quand ?  – Oh, moi je ne déjeune pas, si tu as faim prépare toi quelque chose, lui ai je répondu d’un air détaché.
– Le frigo est vide, y’a rien à manger.
– Va faire les courses, il y a une liste sur la table.
– Fais chier, j’ai pas envie. J’peux m’acheter une pizza ?
– NON !
La journée s’est déroulée, comme vous pouvez l’imaginer, dans la joie et la bonne humeur. J’ai essayé tant bien que mal de ne pas écouter les jérémiades d’un ado mal traité, laissé à l’abandon par une mère indigne jusqu’à ce que le téléphone sonne et qu’au bout d’un bon quart d’heure mon fils me passe le combiné en disant : c’est Mamie. Et là, qu’entends je ? Le pauvre chéri n’a pas déjeuné, s’est ennuyé toute la sainte journée, le ventre tiraillé par la faim. Le frigo est vide, il n’y a rien à manger et je ne fais pas les courses. De plus il devait s’acheter une paire de chaussures mais comme j’ai réduit son argent de poche il ne pourra pas et comme il porte des chaussures trop petites, elle va lui envoyer de l’argent pour qu’il puisse se les acheter. Mais vu le temps que risque de mettre le courrier pour traverser la Manche, je devrais donc lui avancer la somme. Là, ce n’est pas une cigarette que j’ai fumé, mais au moins cinq à la suite. Ainsi, j’endossai une fois de plus le rôle de la mère Thénardier !
Ah ! je les ai fait les 4oo pas dans le jardin ! cigarette d’une main, le téléphone dans l’autre, expliquant à ma mère, le déroulement de la journée et que son adorable petit fils avait sept paires de chaussures, à sa pointure mais que comme il en voulait une nouvelle, pour me faire céder, il reportait sa paire de Converse, trop petite. Et vraiment trop petite puisque je les mettais. Mais quoi qu’il en soit, je ne céderai pas. – Le cirque a duré trois mois ; jusqu’à ce qu’il ne puisse plus supporter la douleur de ses doigts de pieds en compote. Ceci dit, ma mère a conclu son appel par un dernier : de toute façon, je lui envoie de l’argent ; je lui ai promis. Mais, je joindrai un petit mot en lui disant de ne pas le gaspiller. Autant pisser dans un violon !
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Un commentaire pour Dis, tu me files mon argent de poche ? Dis tu me files un coup de main ?

  1. Eliott dit :

    Arf c’était le bon temp 🙂

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